dans un tout autre style, nouvelle à part entière .
Ce matin là Emily suivit le protocole de réveil habituel : se hissant hors de ses draps encore moites, elle jeta un bref regard à la photo posée sur sa table de chevet, se coiffa d'un simple mouvement de la main puis s'habilla de son vieux pantalon puis s'habilla de son vieux pantalon beige usé par le temps et de son gilet de laine marron. S'admirant dans le miroir et malgré sa chétive carrure, elle se donnait l'impression d'être une amazone ou une grande aventurière ; un sourire se dessina sur ses lèvres. S'étant involontairement réveillée plus tard que d'ordinaire, elle n'eut pas le temps de déjeuner et sortit directement sur le perron avant de refermer la porte a clé. Elle fut parcourue d'un léger spasme lorsque la brise glaciale du mois de janvier vint effleurer sa peau.
Emily était professeur d'égyptologie à la faculté d'histoire de San Fransisco. Elle revenait d'une expédition au Caire où elle avait passé les 8 plus beaux mois de sa vie alors qu'elle n'était qu'assistante aux fouilles. Elle savait qu'elle resterait à jamais dans l'oubli, que personne ne connaîtrait jamais son nom et qu'elle obtiendrais les mérites d'une découverte le jour ou l'enfer serait devenu une terre polaire. Tous ces collaborateurs l'avaient oubliée (sauf Arthur bien entendu) et ses élèves eux même n'affichaient à son égard qu'une profonde indifférence particulièrement agaçante. L'armistice n'étant signé que depuis sept ans, on pouvait comprendre que l'Egypte antique ne soit pas leur principal centre d'intérêt.
Ce jour là en revanche, vers le milieu de la journée, tous les étudiants la dévisageaient et si Emily ne s'était pas sentie aussi fragile et fatiguée pour la première fois depuis longtemps, elle se serait rendu compte par le ton inquiétant de leur murmures que quelque chose n'allait pas. Aussi elle alla se coucher sans attendre, sitôt rentrée chez elle.
Malgré douze heures de sommeil sans interruption, Emily se sentait toujours aussi fatiguée. Après s'être habillée non sans efforts, elle se tourna vers son miroir. C'est a partir de ce moment que son cauchemar commença : lorsqu'elle vit que la peau de sa joue droite était comme arrachée et que le reste de son visage, livide, était maculé de taches rouges ...
Refusant de céder à la panique, elle aborda le problème méthodiquement, s'efforçant de rester sereine. D'abord, elle prit la décision de ne pas aller à la faculté, au moins, elle ferait des heureux parmi les élèves. Puis, elle s'affaissa sur le divan, méditant ardemment à la cause originelle de ces « anomalies » et à leur conséquences.
Plus la journée avançait, plus son état se dégradait, elle avait à présent l'impression que chaque pore de sa peau s'engourdissait et ses mains commençait à prendre une teinte bleuâtre. D'autre part, ses muscles anormalement raides la rendait incapable de tout mouvement. Emily sentait sa peur s'accroître à chaque seconde. Elle savait pertinemment qu'elle aurait dû faire venir un médecin mais son impotence rendait l'initiative irréalisable. Des larmes d'angoisse et de terreur suintaient sur ses joues jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive que ces petites gouttes salées faisait fondre son visage.
Ce fut Arthur qui la retrouva inconsciente, étendue de tout son long sur le carrelage gelée le lendemain matin, lors de sa visite hebdomadaire. Bien que terrifié et inquiet, il pris la décision de l'emmener a l'hôpital sans perdre un seul instant.
Quand Emily reprit ces esprits, elle mit du temps à réaliser où et dans quel état elle se trouvait ; et bien que toujours incapable du moindre mouvement , elle put observer attentivement son corps aux nuances de vert, de noir et de violet, son ventre était gonflé, deux de ses ongles avaient disparus et sa peau était déchirée sur 10 centimètres le long de son bras gauche. Elle n'eut ni la force ni le courage de toucher de toucher son visage mais elle constata que sa vue s'affaiblissait et que ses capacités à respirer diminuaient. Contre toute attente, la vision d'Arthur n'avait rien d'apaisant. S'il aurait Dû se réjouir du réveil d'Emily, il la dévisageait au contraire comme si elle n'était déjà plus de ce monde. Et il avait raison.
D'après les médecins Emily présentait les symptômes des différents stades de décomposition post-mortem. En théorie, son décès surviendrait lorsque les organes vitaux seraient touchés. Ils avaient également annoncé avec l'excitation d'un enfant devant un nouveau jouet qu'au même instant, les plus grands scientifiques étudiaient son cas « fort heureusement jamais vu jusque là ». Emily n'avait jamais eu peur de la mort, elle décida donc de profiter de ces derniers jours en faisant comme si de rien n'était et exprimea sa gratitude envers Arthur qui avait le courage de rester a ses côtés. Elle lui fit même remarquer trois petits boutons de moustiques au sommet de son crâne
Emily savait que sa fin approchait à grand pas, et bien qu'elle ne ressentait plus la douleur, elle était parfaitement consciente de l'évolution du cycle de décomposition de sa chair. Les effets de la rigor mortis commençaient à s'estomper : ses muscles commençaient a se détendre, ses tarses et métatarses n'étaient déjà plus que poussière et on pouvait apercevoir ses os à travers des lambeaux de peau noircie. Son ventre avait retrouvé son état initial et ses yeux ne tarderait pas à sombrer dans la cécité. A en juger par le flacon de baume Vicks au trois quart vide, l'odeur qui régnait dans la pièce, l'odeur devait être pestilentielle, et a plusieurs reprise, elle avait crut apercevoir des petites taches noirâtres et mouvantes faire irruption de son bras droit.
Lorsqu' Arthur vit une fine couche de lichen apparaître sur la face interne de ses côtes, il sortit en refermant doucement la porte.
L'enterrement eu lieu deux jours plus tard. Les esprits les plus sarcastiques disaient que les vers n'auraient plus grand chose à manger. Après la cérémonie, Arthur prit congé du petit groupe d'invité puis s'avança vers la sépulture d'Emily. Là, sur le granit légèrement rosé, il déposa la photo en noir et blanc qui trônait sur sa table de nuit. Emily était là, tout à gauche, serrant Arthur par les épaules, entourée d'Howard, Carnarvon et sa fille Evelyn, tous les cinq rayonnants, devant le tombeaux de Toutankhamon .
Ce matin là Emily suivit le protocole de réveil habituel : se hissant hors de ses draps encore moites, elle jeta un bref regard à la photo posée sur sa table de chevet, se coiffa d'un simple mouvement de la main puis s'habilla de son vieux pantalon puis s'habilla de son vieux pantalon beige usé par le temps et de son gilet de laine marron. S'admirant dans le miroir et malgré sa chétive carrure, elle se donnait l'impression d'être une amazone ou une grande aventurière ; un sourire se dessina sur ses lèvres. S'étant involontairement réveillée plus tard que d'ordinaire, elle n'eut pas le temps de déjeuner et sortit directement sur le perron avant de refermer la porte a clé. Elle fut parcourue d'un léger spasme lorsque la brise glaciale du mois de janvier vint effleurer sa peau.
Emily était professeur d'égyptologie à la faculté d'histoire de San Fransisco. Elle revenait d'une expédition au Caire où elle avait passé les 8 plus beaux mois de sa vie alors qu'elle n'était qu'assistante aux fouilles. Elle savait qu'elle resterait à jamais dans l'oubli, que personne ne connaîtrait jamais son nom et qu'elle obtiendrais les mérites d'une découverte le jour ou l'enfer serait devenu une terre polaire. Tous ces collaborateurs l'avaient oubliée (sauf Arthur bien entendu) et ses élèves eux même n'affichaient à son égard qu'une profonde indifférence particulièrement agaçante. L'armistice n'étant signé que depuis sept ans, on pouvait comprendre que l'Egypte antique ne soit pas leur principal centre d'intérêt.
Ce jour là en revanche, vers le milieu de la journée, tous les étudiants la dévisageaient et si Emily ne s'était pas sentie aussi fragile et fatiguée pour la première fois depuis longtemps, elle se serait rendu compte par le ton inquiétant de leur murmures que quelque chose n'allait pas. Aussi elle alla se coucher sans attendre, sitôt rentrée chez elle.
Malgré douze heures de sommeil sans interruption, Emily se sentait toujours aussi fatiguée. Après s'être habillée non sans efforts, elle se tourna vers son miroir. C'est a partir de ce moment que son cauchemar commença : lorsqu'elle vit que la peau de sa joue droite était comme arrachée et que le reste de son visage, livide, était maculé de taches rouges ...
Refusant de céder à la panique, elle aborda le problème méthodiquement, s'efforçant de rester sereine. D'abord, elle prit la décision de ne pas aller à la faculté, au moins, elle ferait des heureux parmi les élèves. Puis, elle s'affaissa sur le divan, méditant ardemment à la cause originelle de ces « anomalies » et à leur conséquences.
Plus la journée avançait, plus son état se dégradait, elle avait à présent l'impression que chaque pore de sa peau s'engourdissait et ses mains commençait à prendre une teinte bleuâtre. D'autre part, ses muscles anormalement raides la rendait incapable de tout mouvement. Emily sentait sa peur s'accroître à chaque seconde. Elle savait pertinemment qu'elle aurait dû faire venir un médecin mais son impotence rendait l'initiative irréalisable. Des larmes d'angoisse et de terreur suintaient sur ses joues jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive que ces petites gouttes salées faisait fondre son visage.
Ce fut Arthur qui la retrouva inconsciente, étendue de tout son long sur le carrelage gelée le lendemain matin, lors de sa visite hebdomadaire. Bien que terrifié et inquiet, il pris la décision de l'emmener a l'hôpital sans perdre un seul instant.
Quand Emily reprit ces esprits, elle mit du temps à réaliser où et dans quel état elle se trouvait ; et bien que toujours incapable du moindre mouvement , elle put observer attentivement son corps aux nuances de vert, de noir et de violet, son ventre était gonflé, deux de ses ongles avaient disparus et sa peau était déchirée sur 10 centimètres le long de son bras gauche. Elle n'eut ni la force ni le courage de toucher de toucher son visage mais elle constata que sa vue s'affaiblissait et que ses capacités à respirer diminuaient. Contre toute attente, la vision d'Arthur n'avait rien d'apaisant. S'il aurait Dû se réjouir du réveil d'Emily, il la dévisageait au contraire comme si elle n'était déjà plus de ce monde. Et il avait raison.
D'après les médecins Emily présentait les symptômes des différents stades de décomposition post-mortem. En théorie, son décès surviendrait lorsque les organes vitaux seraient touchés. Ils avaient également annoncé avec l'excitation d'un enfant devant un nouveau jouet qu'au même instant, les plus grands scientifiques étudiaient son cas « fort heureusement jamais vu jusque là ». Emily n'avait jamais eu peur de la mort, elle décida donc de profiter de ces derniers jours en faisant comme si de rien n'était et exprimea sa gratitude envers Arthur qui avait le courage de rester a ses côtés. Elle lui fit même remarquer trois petits boutons de moustiques au sommet de son crâne
Emily savait que sa fin approchait à grand pas, et bien qu'elle ne ressentait plus la douleur, elle était parfaitement consciente de l'évolution du cycle de décomposition de sa chair. Les effets de la rigor mortis commençaient à s'estomper : ses muscles commençaient a se détendre, ses tarses et métatarses n'étaient déjà plus que poussière et on pouvait apercevoir ses os à travers des lambeaux de peau noircie. Son ventre avait retrouvé son état initial et ses yeux ne tarderait pas à sombrer dans la cécité. A en juger par le flacon de baume Vicks au trois quart vide, l'odeur qui régnait dans la pièce, l'odeur devait être pestilentielle, et a plusieurs reprise, elle avait crut apercevoir des petites taches noirâtres et mouvantes faire irruption de son bras droit.
Lorsqu' Arthur vit une fine couche de lichen apparaître sur la face interne de ses côtes, il sortit en refermant doucement la porte.
L'enterrement eu lieu deux jours plus tard. Les esprits les plus sarcastiques disaient que les vers n'auraient plus grand chose à manger. Après la cérémonie, Arthur prit congé du petit groupe d'invité puis s'avança vers la sépulture d'Emily. Là, sur le granit légèrement rosé, il déposa la photo en noir et blanc qui trônait sur sa table de nuit. Emily était là, tout à gauche, serrant Arthur par les épaules, entourée d'Howard, Carnarvon et sa fille Evelyn, tous les cinq rayonnants, devant le tombeaux de Toutankhamon .